Copyright Association SMASH " Solidarité avec les Malades Atteints de Syndromes Hémorragiques " 2010-2015

  • Facebook Classic

NOUVELLES DES CONGRÈS

Lundi, 14 mars, 2011

Le Congrès annuel de la Société Française d’hématologie s’est tenu à Paris du 10 au 12 mars. Une séance d’actualité entière a été consacrée au problème des risques hémorragiques chez le sujet âgé.

Le Professeur J. Goudemand a rappelé que l’espérance de vie des patients hémophiles a été multipliée par dix en soixante ans, se rapprochant aujourd’hui de la normale. Dans le registre FranceCoag, sur 5593 patients, 678 (soit 12 %) ont plus de 60 ans. Ceci a généré des problèmes jusque-là peu fréquents, notamment des pathologies cardiovasculaires qui, chez le sujet non hémophile, sont traitées par aspirine ou traitement anticoagulant, médicaments difficilement utilisables chez l’hémophile. D’autres maladies deviennent préoccupantes : cancers, infections virales liées aux contaminations par des produits plasmatiques avant les années 1990, ostéoporose, arthroses banales qui, chez des hémophiles ayant déjà des arthropathies du fait de leur hémophilie, ont des conséquences fonctionnelles et thérapeutiques particulières.

Un autre thème a été abordé, celui des hémophilies acquises qui peuvent se voir à tout âge mais dont l’âge moyen de survenue est de 60 à 67 ans. Elles ont un tableau clinique différent de l’hémophilie congénitale, les hémarthroses y sont rares. Par contre, les hémorragies cutanées ou muqueuses et les hématomes sont fréquents et le pronostic peut être sévère.
Enfin, le Professeur A. Veyradier a présenté une maladie mal connue: les déficits acquis en facteur Willebrand, qui représentent environ 5 % des déficits en facteur Willebrand et se voient souvent chez le sujet âgé. Là encore, les traitements sont difficiles et le diagnostic nécessite souvent le recours à des centres spécialisés.

Enfin a été développé un aspect particulier: l’utilisation de traitement anticoagulant chez le sujet âgé. Le sujet âgé est plus sensible au risque hémorragique qui est multiplié par 2 ou 3 chez les patients de plus de 75 ans. Le Docteur Siguret a rappelé les principales recommandations faites par l’AFSSAPS et les sociétés savantes étrangères pour l’utilisation de ces médicaments.