Copyright Association SMASH " Solidarité avec les Malades Atteints de Syndromes Hémorragiques " 2010-2015

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SMASH propose et encourage les activités physiques adaptées aux patients, leur permettant d’entretenir et d’améliorer leur condition, et favorisant leur intégration scolaire ou sociale.

La question de la pratique du sport est fréquemment posée par les hémophiles et leurs parents. Les réponses médicales ont varié dans le temps. Jusqu’en 1970, les sports et la quasi totalité des activités physiques étaient contre-indiqués. Les réponses actuellement restent différentes d’un pays à l’autre, d’un centre à l’autre voire, dans un même centre, d’un médecin à l’autre. L’une des raisons est que si de nombreux praticiens admettent les bénéfices incontestables du sport, de nombreuses craintes persistent et conduisent à contre-indiquer les activités physiques. Différentes recommandations ont été proposées par les sociétés savantes, des auteurs individuels ou des associations de patients. Elles classent les sports en trois ou quatre catégories : sports recommandés, sports autorisés avec restriction et sports non recommandés ou contre indiqués. Elles reposent souvent sur le bon sens mais sont parfois entachées d’une perception imparfaite du sport lui-même. Enfin, surtout elles mettent en avant le risque hémorragique en omettant l’un des critères du choix qui est le statut orthopédique.



Sports et activités physiques pratiqués par les hémophiles

Les données dans la littérature sont assez concordantes: environ 70 % des hémophiles pratiquent le sport. Les sports les plus fréquemment pratiqués sont la natation, la gymnastique, le tennis de table, le cyclisme, le badminton et le tennis. Dans les pays occidentaux, le football est fréquemment pratiqué par les hémophiles malgré les incidents fréquemment signalés.



Avantages et inconvénients de la pratique du sport chez l’hémophile



- bénéfice somatique: il est clair que le sport favorise le développement de la musculature et donc protège en partie les articulations. La diminution de fréquence d’hémarthrose par la pratique d’un sport adapté a été notée par certains auteurs.



- bénéfice psychologique:  les bénéfices perçus par les patients lors de la pratique du sport sont une sensation de bien-être, un sentiment d’être identique par rapport aux autres, le développement de l’esprit d’équipe, l’impression de se surpasser, le développement du désir de vaincre et une perception d’auto-estime.



- bénéfice social: Le sport pourrait permettre une meilleure intégration sociale, un élargissement du cercle relationnel, une amélioration des relations avec la famille ou les amis et une participation à un projet collectif.


Difficultés rencontrées par les hémophiles lorsqu’ils veulent pratiquer le sport



Certaines difficultés sont récurrentes: réticence d’intégrer un hémophile dans un club, ce qui conduit parfois l’hémophile à cacher sa maladie, refus des enseignants ou des entraineurs qui proposent parfois à l’hémophile de se contenter de regarder les autres, rejet par les autres acteurs de l’activité physique, crainte du regard de l’autre sur le handicap et difficulté de suivre un programme d’entraînement du fait d’hématomes récurrents ou de difficultés spécifiques à l’hémophilie. Les hémophiles rencontrent aussi des difficultés avec leur équipe médicale: beaucoup de médecins sont réticents à la pratique du sport. Il leur est  souvent impossible d’obtenir le certificat médical nécessaire, et il se voient au contraire opposer des contre-indications. Enfin, l’hémophile qui veut pratiquer un sport rencontre souvent des réticences dans sa famille avec les craintes face à un sport considéré comme dangereux.



Incidents et accidents possibles



– Accidents hémorragiques graves



C’est souvent la crainte de ces accidents hémorragiques graves qui fait déconseiller  tout ou partie des activités physiques chez l’hémophile. Ceux-ci sont  heureusement fort rares mais leurs risques ne doivent pas être méconnus. Il conduisent, fort justement, à contre indiquer tous les sports de combat: arts martiaux, boxe, lutte, mais aussi les sports d’équipe dans lesquels les collisions sont constantes: rugby, football américain, hockey sur glace.



– Hémarthroses et problèmes articulaires



Deux types de dangers menacent les articulations lors de la pratique du sport :



- les chocs et traumatismes articulaires tels que ceux rencontrés lors de la pratique du football ou moins fréquemment d’autres sports d’équipe: handball, basketball.



- les microtraumatismes répétés: ceux ci peuvent être à l’origine de l’installation insidieuse d’arthropathies graves de la cheville. C’est la raison pour laquelle il faut être prudent avec des activités comme la course à pied prolongée surtout sur terrain dur, les sauts dans le cadre de l’athlétisme ou d’autres sports qui impliquent ce type de traumatisme pour les membres inférieurs.

D’une façon générale, il vaut mieux éviter les sports où l’articulation est sollicitée brutalement comme les lancers (poids, javelot, disque). Enfin les sports où les chutes sont fréquentes doivent faire l’objet de restriction: ainsi, les sports de glisse sur revètement dur (sol, glace) doivent être évités.



En pratique, quels sports pour l’hémophile?



Il n’y a pas de sport-type pour l’hémophile: la pratique du sport doit tenir compte du désir du patient, de ses orientations et du type d’activité physique qu’il veut faire. Les diverses recommandations proposées par des équipes de soins, des sociétés savantes ou des associations de patients  reposent toutes sur le risque de traumatisme, principalement de chute ou de choc avec un partenaire ou un adversaire. Elles méconnaissent trop souvent le rôle délétère des microtraumatismes répétés, c’est cas de la cheville, et le statut individuel de chaque hémophile. En outre, elle classent les sports de façon trop globale comme  "athlétisme" ou  "arts martiaux". Les conseils ne peuvent découler que d’un bilan initial précis  évaluant:  type et fréquence des symptomes hémorragiques,  statut ostéo articulaire (ce point est primordial) et  type de traitement:  prophylaxie, traitement à la demande, présence d’inhibiteurs.

Enfin, nous avons évoqué le problème des sports de balle en équipe pour lesquels il faut tenir compte du risque de traumatisme, du risque de chute et de collision. Ces sports sont donc envisagés avec prudence chez un hémophile ayant un bon état articulaire et la plupart du temps en prophylaxie.



En conclusion, la pratique du sport chez l’hémophile doit être envisagée avec beaucoup de précautions. Elle doit tenir compte du sport lui-même, de l’état articulaire de l’hémophile et de sa volonté. Il faut probablement éviter de n’apporter que des contre-indications mais pouvoir orienter l’hémophile qui souhaite avoir une activité physique vers des sports auxquels parfois il ne pense pas.



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Le choix du sport consistera tout d’abord à essayer d’établir un niveau de risque individuel, propre à chaque hémophile: risque d’hémorragie grave, risque d’hémarthrose, risque d’aggravation de la fonction articulaire, puis un niveau de risque du sport qu’il souhaite pratiquer et pour ce sport du type d’activité: ainsi le terme d’athlétisme ne veut strictement rien dire puisqu’il recouvre des activités extrèmement différentes et au risque variable. Enfin, il faut distinguer  sport occasionnel, activité régulière et la compétition.



L’erreur serait de n’apporter que des contre indications car elles incitent parfois l’hémophile surtout le grand enfant ou l’adolescent à aller vers les sports les plus dangereux.



De manière générale, les sports aquatiques sont tous recommandés y compris la plongée autonome qui s’avère être une activité très appréciée des hémophiles lorsqu’ils la découvre. La seule restriction concerne dans ce cadre concerne le plongeon de haut vol qui n’est  pas une activité à proposer. Pour les sports impliquant des courses prolongées , il faut être très attentif à l’état des articulations des  membres inférieurs y compris pour les sports avec longs déplacements sans course (marche, golf).  Les sports statiques sont souvent oubliés: tir à l’arc, escalade. Ils posent en fait peu de problèmes à condition que les articulations des membres supérieurs soient en bon état. Il en va de même du cyclisme sur route. Par contre, le vélo tout terrain doit être envisagé avec prudence du fait des microtraumatismes répétés et des traumatismes plus graves possibles. Les sports de glisse sont souvent d’excellentes activités en particulier tous les sports de glisse sur l’eau (voile, canoé, aviron), sur neige (ski alpin de loisir), en gardant une certaine prudence. Le ski de fond paraît plus dangereux pour les chevilles qui sont beaucoup moins bien tenues que dans le ski alpin. De même, les sports sur sable ne posent habituellement pas de problème.Dans toutes les activités de glisse où existe un risque de chute, il est très important d’exiger que l’hémophile mette des protections comme le fait le non hémophile. Les sports de balle type tennis de table, badminton, squash ou tennis ont pour inconvénient d’être des sports asymétriques qui sollicitent beaucoup, et parfois de façon violente un seul membre supérieur. Ils ne sont de toute façon conseillés que s’il n’y a pas d’arthropathie des membres inférieurs.

SPORT ET HÉMOPHILIE

Jeudi, 2 décembre, 2010